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05.12.2006

Youtube et les garde-côtes américains

medium_whistle006.jpgL'affaire n'est pas neuve, mais j'avoue que je viens de la découvrir par l'intermédiaire d'un article rappelant des faits qui se sont déroulés a priori au mois d'août. C'est en effet au cours de ce mois que Michael De Kort, un ancien ingénieur de Lockheed Martin, a posté sur Youtube une vidéo mettant en cause de graves défauts de fonctionnements sur des patrouilleurs construits par Lockheed Martin et utilisés par les Garde-Côtes américains.

Après s'être tourné sans succès vers des responsables du gouvernement et de l'entreprise pour leur faire part de ces failles de sécurité (liées au système de communication des bateaux), De Kort avait posté la vidéo afin de rendre public l'affaire. Objectif atteint, puisque de nombreux blogs ont repris l'information, ainsi que des grands médias comme le prouve cet article du Washington Post (qui décrit également les réactions de Lockheed Martin et de Northrop Grumman, les entreprises qui fabriquent les navires).

L'affaire est redevenue d'actualité avec l'annonce récente d'une décision des garde-côtes de suspendre temporairement l'utilisation de ces patrouilleurs à cause de problèmes décrits comme structurels, mais déclarés comme sans rapports avec ce qui avait été dénoncé par De Kort.

Il n'appartient pas ici de juger de qui a raison ou tort. Mais il est frappant de constater que les deux affaires, même si elles sont totalement différentes selon les constructeurs des bâteaux, sont toutefois forcément mises en perspective par les journalistes et les bloggeurs qui relaient l'affaire, ce qui donne un avantage indéniable à l'ex-ingénieur.

Par ailleurs, il est frappant de noter que ces nouvelles façons de diffuser de l'information (en tant que contenu généré par les utilisateurs, ce qui caractérise des sites comme Youtube ou les blogs) ne touchent pas que les entreprises ayant une interface directe avec le grand public. Des firmes n'ayant a priori pas de lien avec les marchés de masse peuvent également être victimes d'attaques de la part de ce que l'on nomme un peu hâtivement la société civile. Les groupes qui travaillent en "business to business" ou essentiellement grâce à des commandes publiques ne sont pas à l'abri de menaces directes et indirectes provenant du web.

Je creuse un peu ce cas, mais si vous avez des éléments, je suis preneur (pour l'instant, je n'ai trouvé qu'une source francophone parlant de ce sujet, chez Supernovae, mais la blogosphère anglophone s'est plus exprimée à ce propos...)