06.11.2006
Compte-rendu d’une rencontre avec l'ANRT
Beaucoup de travail ces temps-ci, j'ai un peu (beaucoup !) négligé le blog...
La semaine dernière était particulièrement chargée, j'ai notamment participé lundi 30 octobre à une rencontre intéressante organisée par l'ANRT, qui proposait aux doctorants actuellement en CIFRE de venir faire un point sur le déroulement de leur convention et de répondre aux questions qu'ils se posent.
La rencontre s'est déroulée au CNAM à Paris, et j’ai été avant tout surpris par le nombre de doctorants venus assister à cette présentation (à vue de nez, un amphi de 100 personnes presque entièrement rempli, mais je me trompe souvent dans les estimations ^_^). Cette affluence confirme sûrement les statistiques affirmant qu'un peu moins de la moitié des thésards en CIFRE travaillent dans une entreprise située en Ile-de-France.
La réunion commença par une allocution de Laurent de Mercey, Délégué Régional à la Recherche et à la Technologie pour l'Ile-de-France, qui rappela les engagements du Ministère de la Recherche et l'intérêt porté aux CIFRE comme instruments favorisant la rencontre entre le monde universitaire et l'entreprise. Discours un peu convenu (la fonction l'oblige sûrement), mais M. de Mercey eut le mérite de montrer que la procédure CIFRE, qui fête cette année ses 25 ans, ne devrait pas être délaissée dans les prochaines années.
La réunion s'anima ensuite avec Philippe Gautier, un des responsables du service CIFRE au sein de l'ANRT, qui a fourni quelques chiffres rassurants à propos du déroulement des conventions (expliquant notamment que 92 % des thèses financées dans le cadre d'une CIFRE sont soutenues, un pourcentage supérieur à la moyenne des thèses). Philippe Gautier a également rappelé l'objectif du ministère, qui est d'arriver à 2 000 CIFRE signées par an d'ici à 2010 (et a affiché un optimisme mesuré sur la réalisation de cet objectif, actuellement 1 000 à 1 200 CIFRE par an sont signées).
Sa présentation fut rapide, laissant la place aux questions de la salle, qui ont très vite tourné autour des questions de rémunérations et des droits des thésards au sein de l'entreprise. Il était alors frappant de constater le manque d'informations dont faisait preuve certains doctorants quant à leur statut au sein de l'entreprise, que ce soit dans les grandes entreprises où les procédures de constitutions de dossiers se font quasiment sans aucune intervention du doctorant, comme dans les plus petites structures où les doctorants sont souvent seuls pour monter leur convention et faire vivre leur dossier. Cette réunion était donc intéressante, dans la mesure où les interfaces de communication avec l'ANRT sont malheureusement souvent rares pour réduire ce manque d'infos.
Outre les habituelles questions concernant le salaire minimum d'un thésard en CIFRE (questions très utiles au demeurant, mais un peu saugrenues lors de cette réunion dans la mesure où l'auditoire était composé de personnes déjà sous convention, et qui ont donc logiquement négocié leur salaire d'embauche), j'ai été un peu interloqué par l'intervention d'une personne du monde de l'entreprise, responsable de chercheurs CIFRE. Cette personne, qui avait repris dans le cadre de ses activités le tutorat de conventions CIFRE déjà en cours dans son entreprise, se plaignait de l'attitude déconnectée du monde de travail de certains CIFRE.
Ok avec lui sur le principe, un doctorant CIFRE est un salarié qui doit mener une activité productive pour l'entreprise... Néanmoins, c'est un salarié à part, dont l'objectif principal reste la thèse et la recherche pour l'entreprise : c'est même sa valeur ajoutée, sinon autant embaucher un salarié sous un régime normal, si l'objectif n'est pas avant tout de lancer un projet de recherche original.
17:51 Publié dans Vie du CIFRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : CIFRE, ANRT, recherche
22.09.2006
5 petits conseils pour monter une convention CIFRE
La nature même d'une thèse CIFRE en entreprise fait que c'est un projet un peu délicat à monter. Il faut en effet concilier les intérêts et intégrer les fonctionnements de deux mondes très différents, celui de l'entreprise et celui de l'université. Je vous propose ici 5 petits conseils relevant de mon début d'expérience dans ce domaine... Ils sont à mon avis valables surtout pour les thèses en Sciences Humaines et Sociales, je ne sais pas trop ce qu'il en est pour les sciences dures (d'ailleurs, si certains veulent en témoigner, les commentaires leur sont ouverts ^_^ ). Pour toutes les infos nécessaires sur les dossiers à remplir, vous pourrez vous rendre dans la section CIFRE du site de l'ANRT (l'Association Nationale de la Recherche Technique).
1. Commencer par trouver l'entreprise qui accueillera la thèse : C'est le plus important, dans la mesure où c'est elle qui financera en partie le projet et qui lui donnera tout son sens. C'est également le plus dur, dans la mesure où il faut la convaincre de l'intérêt d'une démarche de recherche qui s'inscrit dans du moyen ou du long-terme (au moins par rapport au rythme de l'entreprise).
2. Trouver un laboratoire qui sera intéressé par la future recherche : Cette étape est souvent plus aisée que la première, dans la mesure où le futur thésard a souvent des connections avec le monde universitaire, il connaît même parfois son futur directeur de thèse depuis longtemps. Néanmoins, il faut être sûr que le laboratoire qui soutiendra le CIFRE permettra au doctorant de travailler de manière autonome, tout en fonctionnant comme une passerelle vers le monde universitaire.
3. Déterminer très tôt le sujet de recherche : Deux cas de figures peuvent se présenter. Soit le sujet est directement imposé par l'entreprise (dans ces cas-là, le projet de recherche devient très vite cohérent), soit il doit être déterminé en commun entre le thésard, les tuteurs industriels et le directeur de thèse. le sujet devra alors présenter un intérêt académique mais également être utile pour l'activité de l'entreprise. Il pourra bien sûr évoluer au cours de la thèse.
4. Communiquer au maximum : Une fois que l'entreprise, le laboratoire et le thésard ont été réunis autour d'un sujet (même s'il n'est pas encore très bien défini), il faut s'assurer que toutes les parties peuvent communiquer afin de faciliter la constitution du dossier. Le dossier nécessite en effet de nombreux allers-retours entre les différents services, et il faut s'assurer que l'information circule bien pour que le dossier soit constitué au plus vite.
5. Enfin... être patient ! Une fois le dossier constitué et complet, il faut ensuite attendre que l'ANRT l'instruise et donne son aval avant de signer la convention. C'est parfois un peu long, mais si le dossier est cohérent et présente un vrai projet pertinent, il a peu de chances d'être rejeté. Il ne faut donc pas désespérer et ne pas hésiter à prendre des nouvelles sur l'avancement de l'instruction...
Une fois le dossier instruit et validé, il ne reste plus qu'à travailler !
Vous pourrez retrouver plus d'infos sur les conventions CIFRE sur ce forum.
18:06 Publié dans Vie du CIFRE | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : CIFRE, forum, doctorat, ANRT, recherche

