30.03.2007
Histoires de papier
Un coup de coeur pour le week-end (et parce que c'est la 101ème note de ce blog !) : Ce n'est pas parce qu'on s'est transformé en geek impénitent obsédé par les supports numériques qu'on est obligé de ne plus aimer le papier. Voici donc un superbe texte de François-Bernard Huyghe sur "les secrets du papier", où vous découvrirez comment Marco Polo a embrouillé les esprits occidentaux sur la confection du papier, quels étaient les usages du papier pour les chinois (qui ne s'en servaient pas que pour écrire), et pourquoi une défaite chinoise lors de la bataille de la rivière Talas a accéléré la maîtrise des techniques de fabrication du papier par le monde arabe, puis par les occidentaux...

Source: FlickR, eclaire
Un petit extrait :
La technique de la pâte de papier ou celle des caractères mobiles ne furent pas protégées par des lois, des interdits, par un impératif de confidentialité comme la soie ou la porcelaine, mais il y a au moins secret ou du moins non divulgation de fait. Et si l'on ajoute le rappel des obstacles auxquels se heurta le livre, il faut conclure qu'à défaut d'un vrai secret de l'imprimerie, il y a autour d'elle de nombreux secrets ou tentatives d'imposer le secret.
Pour la suite : Le miracle du papier
13:30 Publié dans En passant... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : huyghe, papier, histoire, secrets
07.11.2006
L'intelligence économique, l'éléphant et les aveugles...
Vtech en a parlé... François-Bernard Huyghe a mis en ligne sur son site un article intéressant détaillant sa vision de l'intelligence économique. Reprenant le fameux conte indien des aveugles et de l'éléphant, utilisé en son temps par Mintzberg pour son Safari en Pays Stratégie, il présente l'IE comme un ensemble de pratiques hétérogènes offrant un aspect différent à chaque personne venue appréhender ce concept avec son propre référentiel, chacun étant toutefois incapable de se figurer une vision globale de ce qu'est l'intelligence économique.
Une jolie façon de redimensionner l'IE, en évitant de réduire la problématique aux questions de patriotisme économique (sans toutefois l'ignorer), et qui apparaît comme un début de réponse à la polémique qui s'est engagée sur le très bon blog de Frédéric après la parution d'un billet dénonçant la récupération du concept d'IE par une vision pas très fine du patriotisme. Reprenant les arguments de Frédéric, je comprends tout à fait son exaspération face à certaines personnes qui amalgament un peu trop facilement un ensemble de bonnes pratiques (l'IE), une politique publique volontaire (celle initiée par le rapport Carayon et par Alain Juillet) et une nouvelle forme de protectionnisme un peu brouillonne et dénuée de toute stratégie à long-terme, qui consiste essentiellement à fournir des arguments à des entreprises affrontant des OPA plus ou moins hostiles et plus ou moins réelles (l'affaire Danone/Pepsi en est presque une caricature)...
François-Bernard Huyghe revient donc sur l'aspect protéiforme de l'intelligence économique, et propose trois aspects de l'IE qui se recoupent et s'alimentent mutuellement : un rapport à l'incertitude, un rapport avec les autres et un rapport avec une instance régulatrice (le pouvoir politique). La question du rapport à l'autre est particulièrement bien vue, dans la mesure où la question organisationnelle de la gestion interne de l'information est abordée (un point souvent mis de côté dans les travaux portant sur l'IE, où on considère bien souvent l'entreprise comme une boîte noire).
En bref, voilà une proposition originale pour alimenter le débat sur la nature de l'intelligence économique, question qui a été beaucoup débattue ces derniers temps, notamment à cause de l'image toujours brouillée de l'IE auprès du grand public (comme l'expliquait Thibault du Manoir de Juaye en juin dernier sur le blog des Echos). D'un point de vue universitaire, il est en tout cas toujours difficile de dégager une définition consensuelle de l'intelligence économique, mais ce fut le cas de bon nombre de concepts lors de leur introduction dans les champs de recherche des sciences humaines et sociales.
La controverse fait de toute façon partie de la science, l'exemple récent de la redéfinition du concept de "planète" et son impact dans la composition du système solaire chez les astronomes montre bien qu'elle est encore présente même dans les sciences dures, et heureusement !!
16:00 Publié dans Intelligence économique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : intelligence économique, huyghe, actulligence, intelligence, patriotisme
07.09.2006
L'attention et l'implication des internautes
Trouvé sur le site de François-Bernard Huyghe : Voici un article qui met en exergue une différence fondamentale entre les médias audiovisuels "classiques" (TV, radios...) et les sources d'information utilisant Internet (sites web, flux RSS, blogs et autres contenus générés par des citoyens/consommateurs/électeurs...).
En effet, les sources en ligne sont en général consultées à la suite d'une démarche active de l'internaute : requêtes rentrées dans un moteur de recherche, consultation d'un annuaire, échange de liens ou participation à des sites communautaires... Ce sont autant d'actes volontaires effectués par l'internaute qui part à la recherche d'informations. Il peut se constituer son propre flux en utilisant des portails personnalisables de type Netvibes, et peut même participer à la création de contenu, en devenant rédacteur de son propre blog, en participant à des formes de "journalisme citoyen" ou en donnant son avis sur des sites de consommation.
Toutes ces façons d'utiliser Internet dénotent un engagement plus fort dans la recherche, le traitement et même la diffusion d'informations par rapport à l'attitude passive que chacun adopte face à la télévision ou à la radio. Le message n'avance plus dans un seul sens, suivant le modèle classique de circulation de l'information, mais évolue dans un environnement brouillé, où chaque agent devient à la fois émetteur et récepteur.
De plus, on peut supposer que l'internaute, qui utilise ces différentes techniques pour satisfaire un vrai "besoin d'informations", accordera une attention plus forte à ce qu'il y trouve qu'à un message délivré par d'autres médias. Le fameux "Je l'ai vu à la télé" serait-il sur le point d'être remplacé par "je l'ai trouvé sur internet" ? François-Bernard Huyghe souligne ainsi l'apparition d'une nouvelle forme de pouvoir, celui du référencement, du positionnement sur Internet pour occuper l'espace et arriver avant les autres à la rencontre des internautes et de leurs "besoins d'informations".
Cette attention nouvelle commence à être prise en compte par les professionnels de la communication, notamment dans le domaine du marketing viral, où cela fait déjà quelques années que l'on a compris le potentiel que pouvaient représenter des internautes dans la diffusion d'un message une fois qu'on a pu attirer leur attention...
17:37 Publié dans Web et Information | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : huyghe, attention, communication

