29.08.2006
Aborder la réputation d'entreprise sous l'angle des SIC
La réputation d'entreprise a jusqu'ici été surtout abordée et traitée par les sciences de gestion. Les auteurs qui se sont intéressés à ce concept sont très souvent des gestionnaires, spécialisés dans le marketing ou la communication d'entreprise (Fombrun, Aaker, Shapiro...). Les études publiées sur le sujet se sont donc toujours penchées sur le rôle de la réputation dans la performance d'une entreprise en la considérant comme une ressource intangible mise à la disposition des managers et des décideurs. Cette approche, caractéristique des sciences de gestion, a pour avantage d'inscrire l'étude de ce concept dans une application directe (qui est par ailleurs un des objectifs nécessaires au bon déroulement d'une convention CIFRE), et il semble important d'y consacrer une partie de l'étude menée actuellement. (Pour une très bonne synthèse francophone sur le concept de réputation appréhendé comme une ressource intangible, on pourra consulter cet article de Laurent Tournois).
Mais cet emprunt aux sciences de gestion dans le cadre du projet de recherche est possible grâce à la transdisciplinarité revendiquée par les Sciences de l'Information et de la Communication (SIC). S'il n'est pas question ici d'affirmer que cette transdisciplinarité est propre aux SIC (de plus en plus de sciences humaines et sociales revendiquent ainsi cette approche), on peut toutefois considérer qu'elle est une caractéristique majeure de toute recherche se réclamant de cette discipline. Et si les sciences de gestion prennent une large part dans l'étude de la réputation d'entreprise en tant que facteur de performance, elles se penchent relativement peu sur ce que la réputation d'entreprise présente de spécifique, et notamment son caractère fondamentalement informationnel.
Or, nous considérons que la réputation d'une entreprise (ou de toute autre organisation) s'établit par l'échange d'informations entre les différentes parties prenantes de l'entreprise (les stakeholders), aussi bien en son sein que dans son environnement, et qu'une bonne appréhension du concept ne peut passer que par l'étude des relations entretenues par ces stakeholders, sur les moyens qu'ils utilisent pour communiquer et sur le contenu des informations émises et reçues. Autant d'aspects que les SIC, ensemble encore jeune par ailleurs et qui n'a pas fini de se positionner dans la mesure où il regroupe des disciplines a priori différentes, tentent d'étudier et de traiter au quotidien en se basant sur les travaux d'illustres précurseurs.
Comme pour toute autre problématique d'Intelligence Economique, l'étude de la gestion de la réputation amène donc à naviguer dans une zone scientifique mixte, qui chevauche à la fois les sciences de gestion et les sciences de l'information et de la communication, mais qui ne s'interdit pas non plus d'aller sur le terrain d'autres sciences humaines et sociales. Cette navigation offre une grande ouverture et des possibilités intéressantes de recherche, mais n'est pas sans danger, car elle peut vite mettre à mal la rigueur de la démarche de recherche et brouiller les repères méthodologiques fixés.
Néanmoins, les débats concernant le positionnement, le contenu, voire le sens même des SIC sont encore vifs, et je suis sûr que cette vision des choses est sujette à caution et à commentaires...
18:29 Publié dans Vie du CIFRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : recherche, sic, gestion, réputation, intelligence économique

